02 mai 2022

Depuis l’automne 2021, les prix de l’électricité et du gaz ont connu des hausses très importantes. Cette situation cadre dans un contexte énergétique et géopolitique global.

La hausse des prix est en effet principalement due à la reprise de l’activité économique. La crise sanitaire, et plus particulièrement les périodes de confinement, a impacté lourdement de nombreux secteurs. Cependant, la reprise de l’activité économique mondiale aux 3e et 4e trimestres 2021 a conduit à une forte croissance de la demande en énergie. Parallèlement à cette situation, les niveaux de stockage de gaz en Europe étaient en dessous des normales saisonnières et le marché a vu une réduction de l’offre en gaz par gazoduc (ref : https://www.creg.be/fr/publications/etude-f2289).

A cela s’est rajouté une importante instabilité géopolitique et une incertitude relative à la sécurité d’approvisionnement liée à la guerre en Ukraine, qui poussent les prix encore plus à la hausse. Enfin, d’autres éléments, dont notamment la hausse du prix de la tonne de CO2, ont également un impact.

Selon les dernières prévisions réalisées par différentes instances, aucune diminution significative n’est attendue avant plusieurs mois.

Évolution des prix sur les marchés - Gaz


Évolution des prix sur les marchés - Électricité


Conséquences

Pour les ménages bruxellois :

La situation pour les ménages bruxellois est très contrastée. Celle-ci dépend fortement du type de contrat conclu ainsi que de la date de conclusion du contrat.

Les ménages qui sont actuellement sous contrat à tarif variable, ou qui ont souscrit un contrat à prix fixe datant d’après l’automne 2021, sont déjà impactés par la hausse des prix. Ces ménages font face à des augmentations de leur facture d’acompte et à des factures de régularisation bien plus élevées.

Les personnes ayant souscrit un contrat fixe datant d’avant l’automne 2021 et qui n’est pas encore arrivé à terme, ne subissent actuellement pas encore les augmentations de prix. Par contre, dès que ce contrat arrivera à terme, il sera renouvelé par un nouveau contrat, très probablement à prix variable, qui incorporera la hausse des prix.

Pour les fournisseurs :

La hausse des prix a pour conséquence de créer une forte tension sur les liquidités des fournisseurs. Dépendant de la manière dont ils ont couvert à l’avance les volumes d’énergie qu’ils doivent livrer, ils doivent acheter de l’énergie sur le marché actuel au prix fort et la revendre aux consommateurs finals au prix convenu, régulièrement inférieur. Les fournisseurs aux assises financières fragiles ou insuffisantes peuvent alors se retrouver dans des situations compliquées, jusqu’à éventuellement être contraints de cesser leur activité.

Les fournisseurs font également face à un risque accru d’impayés de leur clientèle. En effet, certains clients étant particulièrement impactés par la hausse des prix n’ont plus la possibilité de payer leurs factures d’énergie. Les fournisseurs se retrouvent alors avec des retards de paiement ou des non-paiements mettant également à mal leurs liquidités.

Pour les professionnels :

La hausse des prix a également un impact financier considérable pour toutes les entreprises, en particulier celles dont l'activité économique dépend d'un volume important de consommation en gaz et/ou en électricité. Cette hausse conduisant ces entreprises à répercuter ce coût supplémentaire sur les produits et services fournis.

Face à cette crise sans précédent, les autorités publiques ont pris des mesures !

Mesures pour réduire l’impact de la hausse des prix de l’énergie – Gouvernement fédéral

Afin d’aider les ménages à faire diminuer les factures d’énergie, le gouvernement fédéral a pris différentes mesures :

  1. Prolongation de l’accès au tarif social pour les bénéficiaires de l’intervention majorée (BIM) jusqu’au 30 septembre 2022 inclus.

  2. Octroi d’un chèque énergie de 80€ pour les bénéficiaires du tarif social au 30 septembre 2021. Celui-ci a été automatiquement octroyé par les fournisseurs d’énergie et versé au plus tard en février 2022.

  3. Réduction de la TVA sur l’électricité et le gaz jusqu’en septembre 2022. Le taux réduit de 6% est applicable à tous les composants de la facture et aux périodes de consommation situées entre le 1er mars 2022 et le 30 septembre 2022 inclus pour l’électricité et entre le 1er avril 2022 et le 30 septembre 2022 inclus pour le gaz.

  4. Octroi d’une prime de chauffage unique de 100€ pour tous les ménages belges pour leur résidence principale. Cette prime sera octroyée de manière automatique via les fournisseurs d’énergie.

  5. Renforcement des budgets alloués au Fonds Gaz et Électricité. Ces fonds seront alloués en priorité pour les personnes qui rencontrent des difficultés financières en raison des prix élevés de l’électricité et du gaz. Ce sont les CPAS qui peuvent utiliser ces fonds pour octroyer une aide matérielle à des ménages en difficulté de paiement de leurs factures énergétiques.

Mesures pour réduire la facture d’énergie – Gouvernement régional

À la suite de la flambée des prix de l’énergie, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a décidé de soutenir les consommateurs bruxellois en rehaussant les plafonds de revenus donnant accès au statut de client protégé. Cette rehausse devrait permettre à un plus grand nombre de ménages de bénéficier de ce statut et donc du tarif social.


Que peuvent faire les ménages ?

1.    Vérifier son type de contrat et son échéance

Les contrats les plus à risque dans le contexte actuel sont les contrats dont l’échéance arrive maintenant à terme, ainsi que les contrats à prix variables, puisque ceux-ci intègrent directement la hausse des prix.

Il est donc important de savoir précisément dans quelle formule vous vous situez et quelle est l’échéance future. Ces informations sont disponibles sur la facture annuelle ou auprès de votre fournisseur.

2.    Vérifier les acomptes

Avec la hausse des prix, la facture de régularisation pour les contrats à taux variable sera bien plus élevée malgré une consommation similaire. Augmenter préventivement ses acomptes permet de répartir les coûts.

Que faire en cas de difficultés de paiement ?

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